Nouveau site !

atruck24Eh bien nous y voilà, le déménagement est terminé : Ecriture Créative continue désormais sur www.ecriturecreative.fr .

Pensez à mettre à jour vos favoris et à tout de suite pour la visite !

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Déménagement!

17/12/2012 1 commentaire

cartonsUn petit message pour vous annoncer que ça y est, le blog d’Écriture Créative va enfin changer de murs! Ça fait un moment que j’en parlais, et jusqu’à présent le temps m’avait manqué pour me pencher réellement sur la question.

Mais voilà, la fin d’année a été moins chargée que d’habitude, j’ai retroussé mes manches, fait les cartons (virtuels) et envoyé tous les articles vers le nouveau serveur.

Le contenu restera le même, mais le look du blog va évoluer. Fini le fond grisâtre et les articles qui se suivent comme sur un rouleau : la nouvelle mise en page sera plus claire, plus simple, et la navigation sera améliorée. Sans compter que j’ai refait tout le référencement et que les catégories seront maintenant plus logiques et plus pertinentes.

Rendez-vous début janvier pour l’inauguration, et d"ici là bonnes fêtes à tous!

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172. Portrait de l’écrivain en prestidigitateur

Il existe beaucoup d’arts qui semblent à priori éloignés des problèmatiques que peut rencontrer l’écrivain, et dont il peut pourtant beaucoup apprendre.

J’ai longtemps eu un grand intérêt pour la prestidigitation. Il y avait quelque chose qui me fascinait, enfant, dans cet art de l’illusion qui parvient, lorsqu’il est à son sommet, à créer une forme de poésie visuelle.

Il y a une technique classique que tout prestidigitateur maîtrise, c’est celle qui consiste à attirer l’attention du spectateur à un endroit particulier. Regardez ce que je suis en train de faire avec ma main droite! (pendant ce temps je peux faire autre chose avec ma main  gauche) Regardez ce qui se passe dans cette boite! (pendant ce temps je mets en place quelque chose à l’autre bout). Regardez devant vous! (pendant que ça se passe derrière)

De là on peut apprendre deux choses particulièrement utiles lorsqu’on écrit.

  1. Savoir manipuler le lecteur pour lui faire croire ce qu’on veut. L’auteur doit être en avance sur son lecteur, pas l’inverse. C’est criant dans le genre policier ou thriller. Tout l’art du conteur va consister à agiter de multiples muletas pour dissimuler la réalité, qui elle ne sera révélée que dans les dernières pages.
  2. Savoir porter son regard là où personne ne le fait. Ca doit devenir une habitude car l’une des fonctions de l’écrivain est de dévoiler des coins du monde que personne n’avait encore jamais vu. Prenez l’habitude de regarder ce qui se passe dans les coulisses, de prendre un point de vue opposé à la foule. Préférez les cuisines aux salles de restaurant, les salles de répétition aux salles de concert, ce qui se passe derrière les rideaux à ce qui se passe devant. Cultivez l’art de regarder ailleurs, vous y trouverez des mines d’histoires à raconter.

(En illustration, un portrait de Robert Houdin, père de la prestidigitation moderne).

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171. De l’art de l’adaptation

04/12/2012 1 commentaire

Bon j’avoue tout : j’ai enfin commencé à lire A la Recherche du temps perdu après qu’un ami m’en ait parlé en long en large en travers en diagonale et en épaisseur. J’ai acheté le premier volume, et j’ai profité d’une longue après-midi grise et pluvieuse comme nous les offrent le mois de novembre à Paris pour le commencer. Je me suis installé dans mon fauteuil préféré, un mug de thé à portée de main, et j’ai ouvert le livre, intimidé à l’idée de commencer une course de fond de plus de quatre mille pages.

Longtemps, je me suis couché de bonne heure, etc.

Après une centaine de pages, mes yeux fatiguent et une vague idée traverse mon esprit. Et si je lisais plutôt l’adaptation? Après tout j’ai vu trainer chez le même ami une version BD de la recherche. Et si on réduisait les quatre mille pages à quelques dizaines?

L’idée me paraît tout de même incongrue. Comment peut-on adapter La Recherche? Je suis à peine à quelques dizaines de pages du début et déjà je sens que la force du livre n’est pas dans la narration des épisodes, mais que quelque chose de plus structure l’ensemble.

Ce qui commence à m’entraîner dans une rêverie sur les problèmes d’adaptation.

Comment adapter? Peut-on adapter? Que garder? Que rejeter? Comment restructurer?

J’imagine des théories, des praxis, des tentatives, des essais, des réussites et des échecs.

Et puis je repense à une phrase qu’une de mes collègues m’a dit. Un de ses professeurs dans une école de bande dessinée qui disait qu’en matière d’adaptation il n’y avait qu’une seule façon de procéder : prendre ce qui nous intéressait et aller à fond dans cette direction.

Philosophie intéressante : l’adaptation non pas comme transposition mais comme recréation, comme point de départ et non comme point d’arrivée.

Je reprends La Recherche et je me demande de quel point de départ je partirais si je devais en faire une adaptation pour le cinéma ou la bande dessinée.

Réponse dans quatre mille pages.

(En illustration, la couverture de l’adaptation BD, par Stéphane Heuet et Véronique Dorey, réputée très bien faite, et que je lirai tout de même après la version originale).

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170. Les rédactions de collège

Souvenez-vous des cours de français que nous avions au collège, lorsqu’au retour des vacances, le professeur écrivait à la craie le sujet de la rédaction. Quel que soit le lieu et l’époque, les thèmes sont les mêmes, certainement parce qu’il n’y a pas cinq mille façons de faire écrire deux ou trois pages à des adolescents de douze ans.

Mais regardez ensuite la production littéraire. Vous vous rendrez compte que toute une partie de celle-ci semble prolonger l’exercice et tourne autour d’un certain nombre de thèmes relativement simples qui sentent un peu l’encre d’écolier.

Mes préférés :

  • comment j’ai vécu cet épisode difficile de ma vie
  • un été qui a changé ma vie
  • un week-end avec mes amis
  • une fois où je suis tombé amoureux

Bien sûr : tout va être une question de traitement. Bien sûr : les sujets existent en nombre limité. Et bien sûr : un sujet n’est rien sans le regard qui va avec.

Mais tout de même, lorsque vous prenez la plume, demandez-vous dans quelle mesure vous ne seriez pas en train de recycler une rédaction que votre moi adolescent aurait pu bâcler pendant un devoir de français. Et lorsque vous vous surprenez en flagrant délit, veillez à augmenter votre niveau d’exigence. Ne serait-ce que pour montrer au petit professeur de français que vous avez intériorisé à quel point vous avez progressé!

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169. Le long apprentissage du métier d’écrivain

16/11/2012 2 commentaires

On dit souvent qu’il faut dix ans pour faire un acteur. Ça peut paraître long, mais la somme de ce qu’il y a à apprendre aussi bien sur le plan technique que sur le plan humain est suffisamment important pour le justifier.

On pourrait même élargir la notion à toutes les professions artistiques, et, pour le sujet qui nous intéresse, je ne suis pas loin de penser que c’est le temps minimum qu’il faut pour faire un écrivain.

Parce qu’il faut commencer par apprendre la technique. Compter au moins trois ans pour commencer à assimiler les notions de structure, de composition et tous les problèmes formels. Parce qu’il faut ensuite arriver à apprivoiser la créativité. Comprendre son fonctionnement, ses cycles et la manière dont on peut s’en servir à son avantage. Parce qu’il faut ensuite beaucoup, beaucoup lire. De tout, tout le temps, sur tous les sujets. Il faut commencer par lire tous les classiques des siècles qui nous ont précédé, puis lire tout les livres actuels qui comptent aux yeux de nos contemporains. Puis il faut lire sur tous les sujets qui font le monde, la psychologie, l’histoire, les sciences, l’économie, la politique, etc, etc.

Sans compter qu’il faut ensuite pratiquer, pratiquer, et encore pratiquer. Écrire pour apprivoiser le processus, écrire pour comprendre ce qu’on veut dire, écrire pour peu à peu faire l’expérience du métier.

Et ce n’est que la moitié du chemin!

Parce que la forme n’est que l’aspect extérieur de la littérature. Le plus important, l’aspect intérieur, nécessite un apprentissage que l’on ne peut trouver que rarement dans un cours ou dans un livre : il nécessite de vivre! D’explorer le monde, de multiplier les expériences, d’aller voir à quoi ressemble la vie au-delà de sa zone de confort. Et il nécessite un regard particulier, personnel, unique, sur le monde que l’on découvre. Ce qui ne peut se faire qu’à travers une certaine durée et via une certaine maturité.

En France, on disait à la fin du dix-neuvième qu’il était vain de chercher à écrire avant quarante ans. Disons que c’est un âge mental et une mise en garde. Un âge mental : écrire à partir d’un point de soi suffisamment développé pour ne pas être infantile. Une mise en garde : ne pas écrire avant d’avoir quelque chose à dire et avant d’avoir les outils pour le dire. En tous cas garder à l’esprit qu’on distingue toujours les œuvres de jeunesse et les œuvres de la maturité.

(En illustration, le poète chinois Li Po 李白).

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Je veux parler à tous avec simplicité tout en restant ambitieux dans mon sujet.
Albert Camus, Pourquoi je fais du théâtre (Pléaïde IV, p 609), cité par Michel Onfray dans L’Ordre Libertaire.

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